Désormais réformée, la taxe d'apprentissage affiche des ambitions élevées. En modifiant notamment le quota d'alternants obligatoires et l'affectation des fonds versés, l'Etat espère en effet dégager entre 60 et 90 millions d'euros supplémentaires chaque année pour accompagner la montée en charge du nombre d'apprentis.
Objectif affiché par l'Elysée : passer de 600 000 à 800 000 le nombre d'étudiants alternants d'ici à 2015, avant de tutoyer à terme la barre du million !
Présentée comme le remède à l'emploi des jeunes lors de sa présentation, cette réforme a été bien accueillie, aussi bien du côté des entreprises - PME en tête - que du côté des établissements, qui bénéficient largement de cette manne que constitue l'apprentissage. Pour autant, elle nécessite de faire un point détaillé et complet sur la taxe d'apprentissage.
La taxe d’apprentissage a pour objet de faire participer les employeurs au financement des premières formations technologiques et professionnelles. Son montant est de 0,50 % de la base d’imposition (brut sécurité sociale figurant sur la DADS). Sauf dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle, où il est de 0,26 % (soit 52 % de 0,50 %) des rémunérations versées aux salariés des établissements qui y sont implantés, quel que soit le siège du principal établissement de l’entreprise.
La base d’imposition est constituée de l’ensemble des sommes versées en contrepartie ou à l’occasion du travail, notamment les salaires ou gains, les indemnités de congés payés, le montant des retenues pour cotisations ouvrières, les indemnités, primes, gratifications et tous autres avantages en argent, les avantages en nature, ainsi que les sommes perçues directement ou par l’entremise d’un tiers à titre de pourboire, déduction faite de la part du salaire versé aux apprentis qui est exonérée de taxe (11 % du SMIC en métropole et 20 % dans les DOM).
Le calcul de la taxe d'apprentissage s’effectue dans les conditions définies à l’article L. 1111-2 du nouveau code du travail :
Dans tous le cas, le seuil est arrondi à l’entier inférieur.
Par ailleurs, l’article 230 H du code général des impôts institue, au profit exclusif du FNDMA, une contribution supplémentaire à l’apprentissage (et non à la taxe d’apprentissage) d’un montant de 0,10 % de la masse salariale. Celle-ci est due par les entreprises de 250 salariés et plus, dont le nombre annuel moyen de salariés en contrat de professionnalisation (quel que soit leur âge) ou en contrat d’apprentissage, et de jeunes accomplissant un VIE ou bénéficiant d’une CIFRE, est inférieur à 3 % de l’effectif annuel moyen de l’entreprise.
Sauf exception, sont assujettis à la taxe d’apprentissage :
Une fraction de la taxe d'apprentissage, dite "quota" et correspondant à 52 % de son montant, est obligatoirement affectée à l’apprentissage :
Attention: les versements ne peuvent plus être adressés directement à leurs bénéficiaires ! Ils doivent désormais être effectués obligatoirement par l’intermédiaire d’un OCTA :
Cette majoration qui existait déjà pour la participation à la formation professionnelle continue et pour la contribution au développement de l’apprentissage s’applique également désormais à la taxe d’apprentissage.
Les entreprises n’ayant pas correctement accompli leur obligation de versement des taxes auprès d’organismes collecteurs doivent payer les sommes restant dues au comptable des impôts du SIE dont elles relèvent, c’est-à-dire celui du siège de la direction de l’entreprise ou, à défaut, du principal lieu d’exercice de la profession ou du lieu du principal établissement.
Elle est distincte et complémentaire de la taxe d’apprentissage. Il s’agit d’une contribution spécifique destinée au développement de l’apprentissage dont le produit est reversé aux fonds régionaux de l’apprentissage et de la formation professionnelle continue via le FNDMA. Son taux est de 0,18 % pour les rémunérations versées depuis le 1er janvier 2006. Elle doit être versée aux organismes collecteurs avant le 1er mars de l’année suivant celle du versement des salaires.
Le GREP, en partenariat avec l'UNIPE